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5 clés pour réussir sa carrière : les conseils d’une coach emploi sur la valorisation professionnelle

Interview de Catherine Boyer

De nombreux candidats rencontrent des difficultés à valoriser leurs compétences linguistiques lors d’entretiens d’embauche internationaux. Quels conseils donneriez-vous pour mettre en avant son multilinguisme de façon convaincante face à un recruteur ?

Dans un contexte international, parler une langue ne suffit pas — il faut raconter ce qu’on fait avec. J’encourage les candidats à illustrer leurs compétences linguistiques par des exemples concrets : “J’ai animé un atelier en anglais avec des collègues d’Asie”, ou “J’ai accompagné un projet client en espagnol du brief à la livraison.” Cela permet de démontrer l’utilité opérationnelle, pas seulement le niveau.

Je recommande aussi de parler de leur relation personnelle aux langues : pourquoi ils les ont apprises, ce que cela leur a permis de découvrir, sur eux ou sur les autres. Dans un entretien, ça montre de la curiosité culturelle, de l’ouverture et de l’adaptabilité — autant de soft skills très prisées aujourd’hui.

 

La négociation salariale reste un moment délicat pour beaucoup de professionnels. Quelles sont vos recommandations pour aborder cette étape avec confiance et quelles expressions ou formulations conseillez-vous d’éviter dans ce contexte ? 

La clé, c’est la préparation. Connaître la fourchette salariale du poste, le marché, mais aussi la valeur qu’on se donne à soi-même. J’encourage les candidats à parler en “je” (comme dans la méthode Gordon) et à formuler leurs attentes avec clarté et affirmation : “Je vise une rémunération qui reflète mon expertise et mon engagement dans ce type de mission.”

Mais la négociation, ce n’est pas un bras de fer. C’est une conversation professionnelle, où l’on peut aussi évoquer ce qu’on vient chercher dans l’entreprise, ce qu’on peut y apporter, et comment ce poste s’inscrit dans un projet de carrière à moyen terme.

Parfois, on accepte un salaire légèrement inférieur si le poste est un tremplin. Ce qui compte, c’est de garder une posture alignée, dans le respect de soi… et de l’autre.

 

Dans un marché du travail de plus en plus compétitif, comment conseilleriez-vous à un candidat de se démarquer lors d’un processus de recrutement, particulièrement lorsqu’il postule dans un environnement multiculturel ?

Dans un cadre multiculturel, la technique ne suffit pas. Ce qui fait la différence, ce sont les soft skills : empathie, intelligence émotionnelle, écoute active, capacité d’adaptation.

Je conseille aux candidats de montrer leur capacité à s’intéresser sincèrement à l’autre, à poser des questions, à observer sans juger. Parfois, il faut savoir ralentir, ne pas imposer son cadre de référence, et prendre le temps de comprendre les codes de l’autre culture.

Une bonne façon de se démarquer, c’est aussi de raconter une expérience où ils ont dû ajuster leur manière de communiquer ou leur comportement pour créer un vrai lien malgré les différences. C’est souvent là que se révèle la vraie maturité professionnelle.

Le réseautage professionnel est souvent cité comme essentiel dans la recherche d’emploi. Quelles stratégies recommandez-vous pour développer et entretenir efficacement son réseau, notamment pour des personnes qui ne sont pas naturellement à l’aise avec cette démarche ?

Le réseau, ce ne sont pas que des cartes de visite ou des posts LinkedIn bien placés. Ce sont des liens humains, d’humain à humain, souvent construits dans la durée. Pour ceux à qui cela ne vient pas naturellement, je propose de changer de regard : réseauter, c’est avant tout échanger, partager, apprendre, soutenir.

Ça peut commencer simplement : commenter un article, envoyer un message sincère, ou proposer… un café. Un moment de qualité sans enjeu immédiat, mais avec une vraie présence.

Et un petit conseil que je glisse souvent : à chaque fois qu’on travaille quelque part, veillons à partir proprement. Le monde est petit. Les anciens collègues deviennent parfois futurs employeurs. Le réseau, c’est aussi la trace qu’on laisse derrière soi.

 

 Les compétences en management sont de plus en plus recherchées par les employeurs. Pour un professionnel en début ou milieu de carrière, quelles expériences ou formations suggérez-vous de privilégier pour développer ces compétences et les mettre en valeur dans son parcours ?

On n’a pas besoin d’un titre pour apprendre à manager. On peut commencer très tôt, en coordonnant un projet, en animant une réunion, ou en s’impliquant dans le bénévolat.

Être équipier secouriste à la Croix-Rouge, entraîneur d’une équipe de sport, hôte ou hôtesse d’un événement international, ou responsable d’une action solidaire : toutes ces expériences développent la gestion du stress, la communication, le leadership de terrain, des soft skills fondamentales pour un futur manager.

Côté formation, je recommande des modules pratiques : gestion de conflits, communication non violente, intelligence collective, gestion d’équipe à distance… Et surtout, développer une capacité à prendre du recul sur ses expériences, à se demander : “Qu’est-ce que j’ai appris ? Comment ai-je grandi en posture ?”

Et aussi, un bon manager sait observer, écouter profondément, et regarder son équipe au-delà des rôles. Le sens de l’écoute, l’attention aux signaux faibles et la capacité à ajuster sa posture en fonction de l’autre sont des qualités aussi précieuses que la stratégie ou la vision.

Je me souviens d’un stage de leadership assisté par le cheval où le formateur avait fait remarquer que pas un seul manager n’avait identifié le cheval comme… un cheval, et non une jument. Un détail ? Pas tant que ça : cela illustrait parfaitement le manque d’attention réelle, d’observation fine. Être manager, c’est aussi ça : voir ce (et ceux) qu’on a en face de soi.

Le management, c’est avant tout une façon d’être avec les autres. Et ça, ça se cultive partout.

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