Image de OSAM FORMATIONS

OSAM FORMATIONS

Et si votre expertise pouvait changer le monde ? Les nouveaux défis de la RSE

Interview de Claire Luchini

Nos apprenants sont des professionnels en activité dans différents secteurs -pouvez-vous nous expliquer pourquoi la RSE et le bilan carbone deviennent incontournables dans le monde du travail aujourd’hui ?

Tout d’abord, il faut remettre dans leur contexte la RSE (Raison Sociétale de entreprises) et le bilan carbone. 

Nous vivons dans un monde qui se réchauffe (+2,9° pour la Suisse en 2024 par rapport à la température moyenne de l’ère préindustrielle), dans lequel la biodiversité s’effondre et les injustices sociales sont exacerbées par ce réchauffement climatique. …. Le tableau peut paraitre catastrophique, mais la « bonne » nouvelle, c’est que nous pouvons agir.

Ce réchauffement climatique est dû à l’utilisation des énergies fossiles pour nos activités humaines : se déplacer, se nourrir, s’habiller, se chauffer etc

Le chantier est titanesque et il y a beaucoup d’obstacles, car ce réchauffement climatique est dû à l’utilisation des énergies fossiles pour nos activités humaines : se déplacer, se nourrir, s’habiller, se chauffer etc

Toutefois, en 2015, l’accord de Paris a été signé pendant la COP 15. Son but est de maintenir l’élévation moyenne de la température mondiale entre +1,5° à 2° en 2100, par rapport à la température moyenne de l’ère préindustrielle. 195 pays ont ratifié ces accords, dont la Suisse.

Même si l’objectif de +1,5° semble désormais inatteignable, pour maintenir une température la plus viable possible, il faut baisser nos émissions de gaz à effet de serre Tout le monde doit participer à cette baisse, y compris les entreprises. 

Dans ce contexte, le bilan carbone permet de comptabiliser les gaz à effet de serre d’une organisation, pour ensuite mettre en place un plan d’action afin de les diminuer. Car on dit bien que : « ce qui ne se compte pas, n’existe pas ».

Quant à la RSE, c’est une démarche plus générale, qui permet d’intégrer les enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance à la stratégie de l’entreprise.

Les entreprises sont incitées à mettre en place ces démarches par un contexte légal (CSRD, VSME, Loi sur le CO2, Loi sur le climat…), mais aussi par une pression croissante de leurs clients, fournisseurs et investisseurs.

 

Pour nos stagiaires en comptabilité et gestion, comment les compétences en RSE peuvent-elles enrichir leur profil professionnel et quelles nouvelles opportunités cela leur ouvre-t-il ?

Des compétences en RSE peuvent permettre à ces stagiaires de découvrir de nouvelles perspectives, au-delà des indicateurs financiers classiques.

Ils acquièrent une compréhension des enjeux et des risques environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). Ces compétences leur ouvrent de nouvelles opportunités dans des domaines tels que le reporting extra-financier, le contrôle de gestion RSE, l’audit de durabilité, ou encore la gestion des risques ESG au sein de directions financières, de cabinets d’audit ou de conseil.

 

Nos apprenants en management s’interrogent souvent sur l’évolution de leur métier, comment un manager peut-il concrètement intégrer la démarche RSE dans son quotidien professionnel ?

Tout d’abord, on découvre vite que dans une organisation, tout le monde a son avis sur la RSE et la durabilité, et la partage : on en fait trop ou pas assez, je n’y crois pas et j’ai lu ça et je propose de plutôt faire ça… Bref, en tant que manager on se retrouve en première ligne de ces réflexions et si on n’a aucune idée de ce dont on vous parle, votre vie peut vite devenir très compliquée…

Ensuite, la RSE est une fonction transverse. Toutes les parties prenantes de la chaine de valeur d’une organisation vont collaborer à cette stratégie. Cela signifie que l’on peut demander à chaque département d’avoir des objectifs RSE. Je pense qu’il est primordial de former les managers afin qu’ils s’approprient les enjeux environnementaux, sociétaux et de gouvernance. Cela les mettra en capacité de proposer des objectifs pertinents.

De plus, une stratégie RSE est d’autant plus impactante qu’elle sera soutenue par le top management de l’organisation.

Les formations peuvent commencer par des ateliers de sensibilisation, tels que la Fresque du Climat et l’atelier 2tonnes. Je suis animatrice et formatrice de ces deux ateliers, et ce sont deux puissants leviers d’apprentissage des causes et des conséquences du changement climatique et des actions à mettre en place pour l’atténuer.

 

Beaucoup de nos stagiaires travaillent dans des PME qui n’ont pas encore de démarche RSE structurée – comment peuvent-ils devenir des acteurs du changement dans leur entreprise ?

Les trois freins principaux que j’observe à la mise en œuvre d’une démarche RSE sont le manque de temps, de moyens financiers et d’outils adaptés pour suivre la démarche.

Il n’est donc pas rare que le sujet de la RSE soit pris en charge par une personne ou un groupe de personnes, en plus d’une autre fonction dans l’entreprise, avec des moyens limités.

Pour être acteur du changement, on peut déjà tout simplement être des alliés de ces personnes, les soutenir et participer à leurs actions : un spécialiste excel pourra les aider à suivre leurs indicateurs, la RH peut leur proposer des formations, on peut créer un comité RSE, faire du lobbying auprès du management…Mais en tout état de cause, gérer ce sujet peut être délicat, sans une formation adéquate.

Je propose également des formations plus généralistes sur la RSE, pour permettre aux collaborateur.ice.s de monter en compétence et de les outiller afin de construire et monitorer leur feuille de route RSE.

 

La formation continue est au cœur de notre approche, quels conseils donneriez-vous à un professionnel qui souhaite se spécialiser dans la RSE ou le bilan carbone tout en gardant son emploi ?

Il existe de la formation continue à la HEG. Ce sont des MAS (Master of Advanced Studies) ou des DAS (Diploma of advanced studies) en management durable, avec des horaires adaptés aux personnes déjà en poste.

Pour ma part je ne connaissais pas ces formations lorsque j’ai commencé ma reconversion, j’ai donc identifié les sujets sur lesquels je souhaitais me former et j’ai trouvé des acteurs de confiance et reconnus pour monter en compétence. Ce sont, entre autres, le Cambridge Institute of Sustainability Leadership, le B Lab Suisse ou le Cabinet carbone 4.

 

Pour conclure, quels sont selon vous les secteurs d’activité qui offrent le plus d’opportunités professionnelles dans le domaine de la RSE pour nos apprenants en reconversion ?

Le secteur de la RSE est en ce moment un secteur professionnel complexe. Il souffre d’une maturité très hétérogène des entreprises sur le sujet, ainsi que des diverses crises politiques et économiques que nous traversons. En élargissant à des domaines transverses, il y a des demandes dans la data, les achats durables, l’analyse du cycle de vie ou la transition énergétique. 

Toutefois je reste optimiste pour le secteur de la RSE, car si les entreprises veulent durer dans le temps, elles ne pourront pas faire l’impasse. Selon le Global Risk Report 2025 du World Economic Forum, cette année et à deux ans, les évènements climatiques extrêmes arrivent en deuxième place des risques mondiaux. A 10 ans, les 4 premiers risques sont : les évènements climatiques extrêmes, la perte de la biodiversité et l’effondrement des écosystème, le changement critique du système terre et enfin, les pénuries des ressources naturelles. 

Il est donc vital que les entreprises mettent les sujets environnementaux, sociaux et de gouvernance au cœur de leur stratégie, si elles veulent s’adapter face à ces risques. 

L’analyse de risque face aux aléas climatiques est d’ailleurs l’un de mes thèmes favoris dans l’accompagnement que je propose.

Vous l’aurez compris, je suis passionnée par mon métier, qui permet d’être dans l’action face au changement climatique et à ses conséquences et offre un champ d’activités et de collaborations très variés et enrichissant.

Partager