OSAM FORMATIONS
Stress, confiance et performance :comprendre ses états pour mieux manager
- 3 avril 2026 20 h 03 min
Comment la connaissance de soi devient un levier de leadership durable
1.Pour commencer, pouvez-vous vous présenter et nous raconter votre parcours ?
Vous avez quatre heures devant vous ? Je plaisante 😊
Mon parcours est assez atypique. J’ai exercé différents métiers : libraire (alors que je n’aimais pas lire), commerciale terrain (alors que j’étais très timide), dans la bijouterie de luxe, le mobilier design, puis la formation en centre d’appel.
Ces expériences m’ont permis de comprendre en profondeur les mécanismes de la relation humaine, de la vente et de la confiance.
En pleine période COVID, j’ai décidé de me lancer comme indépendante, avec une envie très claire : aider le plus grand nombre à révéler leur potentiel et à oser évoluer avec plus de confiance, notamment dans leur posture professionnelle.
Si j’ai pu dépasser mes propres freins et sortir de mes zones d’inconfort, alors chacun peut apprendre à activer ses ressources et son potentiel.
2. Dans un environnement professionnel exigeant, le stress est souvent inévitable : quels sont les premiers signaux que les leaders devraient apprendre à repérer chez eux ?
Les premiers signaux apparaissent souvent de manière insidieuse : une irritabilité plus fréquente, une fatigue inhabituelle, une tendance à juger rapidement ses interlocuteurs ou à perdre patience. Le stress ne se manifeste pas de la même façon chez tout le monde. Cela peut également se traduire par des changements d’alimentation, l’abandon d’activités habituellement ressourçantes, une baisse de motivation, une impulsivité accrue ou encore des difficultés de concentration. Apprendre à repérer ces signaux précoces permet d’agir avant que le mauvais stress ne s’installe durablement.
3. La confiance en soi est essentielle pour performer durablement. Quels outils ou approches conseillez-vous pour la renforcer au quotidien ?
La bonne nouvelle, c’est que la confiance est toujours présente. Elle ne disparaît pas, elle se met simplement en retrait lorsque notre système nerveux perçoit une situation comme une menace ou une agression. Notre corps est parfaitement conçu pour nous protéger. Le problème survient lorsque le cerveau reçoit un signal inadapté : il réagit comme s’il y avait un danger réel à combattre, alors que la situation demande parfois simplement une clarification, un échange ou une prise de recul. C’est à ce moment-là que le stress devient contre-productif. Car le stress, en soi, est utile. Il devient problématique lorsqu’il est mal interprété ou mal utilisé.
La théorie polyvagale permet justement de comprendre que nous disposons de plusieurs états de fonctionnement. Lorsque nous apprenons à les reconnaître et à les mobiliser consciemment en fonction des situations, nous gagnons en énergie, en efficacité et en sérénité.
Concrètement, cela signifie :
- savoir se reposer sans culpabiliser lorsque c’est nécessaire
- mobiliser une énergie plus haute pour des situations exigeantes (prise de parole en public, recadrage, prises de décision),
- prendre du recul sans tomber dans la procrastination.
La respiration consciente et la visualisation sont deux outils simples, puissants, accessibles à tous, et totalement gratuits. Leur impact est souvent sous-estimé, alors qu’ils permettent de réguler efficacement le stress au quotidien.
4. La théorie polyvagale est au cœur de votre expertise : comment peut-elle aider concrètement un cadre ou un manager à retrouver calme et clarté dans des situations de forte pression ?
Lorsque le manager comprend ses propres modes de fonctionnement, ainsi que ceux de ses collaborateurs, il apprend à reconnaître ses états internes et à ajuster sa posture en fonction de la situation. Cela lui permet de gagner un temps et une énergie précieux. Le calme, par exemple, n’est pas toujours la réponse la plus adaptée. En revanche, c’est en revenant à un état intérieur de calme que l’on peut ensuite décider consciemment s’il est nécessaire de faire preuve d’autorité, de prendre du recul ou d’agir rapidement. Finalement, ce n’est pas tant ce que l’on dit ou ce que l’on fait qui a le plus d’impact, mais l’état intérieur dans lequel on se trouve au moment de l’action.
Le manager développe également une meilleure compréhension de ses équipes. Nous n’avons pas tous les mêmes déclencheurs de stress ou de peur. J’utilise souvent l’exemple de l’araignée : certaines personnes se figent, d’autres fuient, d’autres attaquent, tandis que certaines ne réagissent presque pas. Face à une nouveauté, à un changement au travail ou une simple information, les réactions peuvent être tout aussi variées.
Lorsqu’un manager comprend que la performance repose avant tout sur un sentiment de sécurité chez chacun, il est en mesure d’adapter sa communication, d’anticiper les réactions et de fluidifier les relations au sein de son équipe. Cela peut sembler simple, et c’est souvent ce qui interroge. Pourtant, la théorie polyvagale est à la fois simple et extrêmement efficace.
5. La formation continue est souvent vue comme un levier de compétences techniques, mais comment peut-elle également contribuer à la gestion du stress et au développement de la confiance ?
Les compétences techniques sont essentielles, en revanche elles ne suffisent pas si la personne n’est pas dans le bon état pour les mobiliser. À l’inverse, lorsque les collaborateurs ont conscience de leurs états internes, ils optimisent leur quotidien professionnel : meilleure gestion de l’énergie, communication plus fluide, écoute renforcée, coopération accrue, mise en valeur des potentiels. Le stress diminue naturellement, ou devient un stress mobilisateur, au service de la performance et du bien-être collectif.
6. En accompagnant des leaders, quels changements observez-vous chez ceux qui intègrent vos méthodes : sur leur posture, leurs décisions ou leur impact sur leurs équipes ?
Les managers que j’accompagne assument plus pleinement leur rôle et leur autorité naturelle. Leur communication gagne en clarté et en impact, et leurs relations avec les équipes deviennent plus sereines et plus efficaces. Ils prennent des décisions de manière plus posée, avec davantage de discernement, tout en gagnant en énergie et en temps. Ce qui les surprend le plus, c’est souvent la simplicité des outils et la rapidité avec laquelle les effets positifs se font sentir, tant pour eux-mêmes que pour leurs équipes. La connaissance de ses états internes change la relation à soi, aux autres et au monde. À grande échelle, elle pourrait bien être l’un des leviers les plus puissants pour un avenir plus apaisé.