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Comment vaincre le trac et captiver son auditoire

Interview de Thierry Piguet

Qu’est-ce qui vous a poussé à devenir formateur en communication orale ?

A l’école, j’étais plutôt un « meneur », j’aimais créer des liens et former des groupes autour d’un projet. J’adorai déjà les débats et prenais avec plaisir la parole. J’étais déjà passionné par le théâtre. Alors je suis devenu comédien, metteur en scène sur Genève et par conséquent, formateur en prise de parole en public. J’ai suivi plusieurs formations en communication, obtenu mon diplôme de coach et celui de Maître en PNL auprès de l’Institut de Coaching International. Une belle aventure. J’ai donc monté mon cabinet de formations et coaching : Face à Vous. Parce que « face à vous » il y a toujours quelqu’un auquel vous devez délivrer un message.

Pouvez-vous nous partager une expérience personnelle qui a significativement influencé votre approche à la communication ?

Je me suis lancé dans la politique, président de parti puis conseiller municipal à Genève. Et là, face à des femmes et des hommes politiques de haut niveau, face aux journalistes, j’ai compris que je devais encore m’améliorer. J’étais dans un autre monde, celui du débat en permanence et des contradictions. Il y fallu que j’acquière d’autres outils. Et puis j’ai accédé à la présidence du Parlement municipal. Je prenais de « la hauteur » !

Quel est l’aspect le plus souvent négligé de la communication orale que nous gagnerions tous à développer ?

Indéniablement le FEED-BACK !  Nous pensons savoir ce que va dire l’autre, nous ne l’écoutons que d’une oreille et réfléchissons déjà à notre réponse, nous ne pouvons imaginer que l’autre à une Carte du Monde différente de la nôtre et, forcément, nous ne nous comprenons pas. Le FEED-BACK reste une des meilleurs solutions en communication pour renforcer le dialogue en entreprise, le lien social, interpersonnel et diminuer le risque de conflits latents (nés souvent d’une incompréhension), l’absentéisme et le burn-out.

Comment utiliser les pauses pendant un discours ou une présentation ?

A la manière de Barak Obama, pour moi le maître en la matière. Prendre le temps de faire passer son message, c’est faire des pauses, accepter le silence, en profiter pour porter son regard sur l’assemblée, gagner en retour (feed-back) les émotions non-verbales. Un silence maîtrisé, c’est un silence plein, en gardant son rapport avec son auditoire.

Pouvez-vous nous donner des conseils pour gérer le trac avant de prendre la parole en public ?

Le trac se gère par une bonne respiration ventrale et diaphragmatique. Cela s’entraîne, comme la sophrologie, comme n’importe quel entraînement musculaire au fitness. On ne soulève pas 100 kg du jour au lendemain, il faut y aller progressivement, mais quotidiennement. Et, petit à petit, on apprend à maîtriser son trac en quelques minutes. Je coach beaucoup de personnes qui ont cette « peur » de parler en public. Mon objectif est non seulement qu’elles puissent être à l’aise mais en plus qu’elle y trouve plaisir. Et ça marche !

Quel rôle joue l’adaptabilité dans la communication orale selon vous ?

Elle est essentiel dans une communication interpersonnelle et relativement facile à mettre en action à partir du moment où vous avez appris à vous mettre en situation d’écoute active et de synchronisation avec l’autre. Cela est plus difficile face à un auditoire. Mais les participants sont venus chercher quelque chose de précis, à vous donc de vous adapter à ce besoin et d’y répondre.

En 2009, j’ai animé la soirée du Téléthon au Victoria Hall, à Genève. 1600 spectateurs. Quelle puissance, j’étais sur un nuage tellement c’était prenant. Mais ils venaient tous pour une manifestation à but caritatif. Il était donc facile de leur parler puis de présenter les artistes.

Comment la technologie a-t-elle changé les attentes et les pratiques en matière de communication orale ?

La technologie a permis de rester chez soi et de communiquer avec n’importe qui n’importe où. Ca a été surtout la révolution des années Covid. Nous en sommes en partie revenus car rien ne vaut un échange en présentiel, ni une formation d’ailleurs. Mais, il est clair que la Visio peut avoir ses bénéfices et éviter des déplacements pour autant que nous ayons besoin d’éclaircir un point particulier. Je ne crois guère qu’on peut proposer un produit ou élaborer une stratégie sans rencontre. Le contact, fondé sur le non-verbal est essentiel dans une communication interpersonnelle et ce non-verbal est presque inexistant dans une communication digitale.

Comment peut-on évaluer et améliorer sa propre efficacité en communication orale ?

J’avais écrit deux livres sur la Communication orale, avec 2 confrères. « Les Techniques de Communication orale » et « Peut-on évaluer l’oral ? » . Oui on peut s’auto-évaluer mais cela demande de pouvoir à la fois être libre face à l’autre tout en se regardant par une petite caméra virtuelle qui jour l’observatrice et nous corrige. Ce n’est pas facile. Le comédien a besoin de son metteur en scène, cette oeil extérieur qui nous regarde et nous donne des indications de comportement. Un coach reste nécessaire dans la préparation de son discours. Une captation peut permettre à l’orateur de se revoir et se corriger.

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