OSAM FORMATIONS
Entreprendre avec le bon état d’esprit
Interview de Max Andersson
- 4 avril 2026 6 h 08 min
1. Pour commencer, pouvez-vous vous présenter et nous expliquer ce qui vous a conduit à créer votre podcast La Savane consacré à la croissance entrepreneuriale ?
J’ai 34 ans et je suis le fondateur d’une agence de marketing de performance, Simba Digital, spécialisée dans l’élaboration de stratégies digitales pour maximiser la croissance et la rentabilité de nos clients. Concrètement, nous accompagnons nos clients dans la génération de leads et de ventes grâce à des stratégies médias sur mesure.
À côté de cette activité, mon associé Alexandre et moi avons lancé le podcast La Savane, il y a maintenant deux ans. L’objectif de ce projet est de promouvoir l’entrepreneuriat en Suisse et à l’international. Nous souhaitons mettre en lumière les entrepreneurs de notre région, car nous trouvons que leurs parcours ne sont pas suffisamment valorisés.
À travers ce podcast, nous avons envie de raconter ces belles histoires, de donner envie d’entreprendre, mais aussi de montrer la réalité de l’entrepreneuriat, qui ne se résume pas aux réussites. Il y a aussi des échecs, des doutes, et des apprentissages précieux. La Savane, c’est avant tout un espace de partage d’expériences authentiques, où chaque invité apporte sa vision, ses défis et ses clés pour grandir en tant qu’entrepreneur.
2. Selon vous, quel est l’état d’esprit indispensable pour passer de l’idée à l’action et réellement lancer son entreprise ?
Le premier, c’est la curiosité et l’ouverture d’esprit. Il faut savoir écouter ce qui se passe autour de soi : le marché, les clients, les pairs. Trop souvent, on reste bloqué sur une idée dont on est persuadé, sans se rendre compte que le terrain nous envoie d’autres signaux. Être attentif au feedback, c’est ce qui permet d’ajuster son projet et de rester pertinent.
Le deuxième élément, c’est la confiance en soi, mais une confiance lucide. Il est important de se forger sa propre vision, tout en restant capable de s’adapter. Croire en son idée, oui, mais sans se fermer aux réalités du marché.
Enfin, le troisième point, c’est le passage à l’action. Beaucoup d’entrepreneurs passent des mois à chercher à tout perfectionner avant de se lancer. Or, la réussite vient rarement d’un plan parfait, mais plutôt d’un processus d’expérimentation. Il faut oser, tester, se tromper, apprendre, recommencer. Personne ne réussit du premier coup.
Et surtout, ne pas avoir peur de partager son idée. Une idée, en soi, n’a pas de valeur ; c’est son exécution qui fait la différence. Plus on teste, plus on mesure et plus on améliore, plus on se rapproche d’un modèle viable. L’important, c’est d’avancer, d’ajuster et de garder ce mindset de fonceur et d’apprentissage continu.
3. Quelles sont, d’après votre expérience, les trois compétences clés que tout entrepreneur devrait développer pour faire grandir son projet durablement ?
La première, c’est l’empathie et la capacité à créer de vraies relations humaines. On a parfois tendance à l’oublier, mais le business reste avant tout une histoire de personnes. Comprendre les autres, savoir écouter, instaurer une relation de confiance, que ce soit avec ses clients, ses collaborateurs ou ses partenaires, c’est un levier fondamental pour avancer.
La deuxième compétence, c’est la vente. Savoir vendre est indispensable, surtout au début. Peu importe la qualité du produit ou du service : si on ne sait pas le présenter, le défendre et convaincre, le projet aura du mal à décoller. La vente, c’est aussi apprendre à comprendre les besoins réels du marché et à y répondre efficacement.
Enfin, la troisième compétence clé, c’est l’analyse de données. Aujourd’hui, les chiffres sont une boussole. Savoir interpréter les données, qu’elles soient financières, marketing ou opérationnelles, permet de prendre les bonnes décisions, d’optimiser ce qui fonctionne et de corriger ce qui ne va pas. C’est ce qui permet à un entrepreneur d’assurer la pérennité et la croissance de son activité.
4. Beaucoup de porteurs de projets se heurtent à la peur de l’échec ou au syndrome de l’imposteur. Comment cultiver la confiance et la résilience dans les premières étapes de l’entrepreneuriat ?
Je pense que la confiance et la résilience passent avant tout par un travail intérieur. Il faut apprendre à être bien avec soi-même, à être aligné avec ses valeurs et à savoir pourquoi on entreprend. Quand on a une vision claire de ce que l’on veut et de la direction que l’on prend, on développe une forme de stabilité intérieure qui aide à traverser les doutes.
Un autre point essentiel, c’est de réduire l’importance du regard des autres. On vit dans une société où l’on accorde souvent trop de poids à ce que les gens pensent de nous. Or, dans l’entrepreneuriat, si l’on se laisse freiner par cela, on n’avance jamais. Il ne s’agit pas d’ignorer les autres, mais plutôt de faire la différence entre les feedbacks constructifs, qu’il faut écouter, et le jugement extérieur, qu’il faut apprendre à mettre à distance.
Enfin, la confiance se construit dans l’action et la persévérance. C’est en essayant, en échouant parfois, en se relevant et en ajustant que l’on devient plus fort. L’entrepreneuriat, c’est un apprentissage continu. La détermination, la clarté intérieure et la capacité à rester fidèle à ses valeurs sont, selon moi, les piliers de la résilience.
5. Enfin, si vous deviez donner un conseil concret à celles et ceux qui hésitent encore à se lancer, quel serait-il ?
Avant de se lancer dans un projet entrepreneurial, je pense qu’il est essentiel de savoir pourquoi on le fait. Les motivations peuvent être très différentes : certains veulent gagner de l’argent, d’autres cherchent à résoudre un problème, à améliorer quelque chose dans le monde ou simplement à concrétiser une passion. Mais dans tous les cas, il faut être au clair avec ses raisons profondes.
Il est aussi important de prendre conscience des alternatives. Si la motivation première est financière, par exemple, il faut se demander si un emploi salarié ne pourrait pas apporter la même satisfaction, avec moins de risques. L’entrepreneuriat n’est pas la seule voie, et il demande un engagement total.
Surtout en Suisse, entreprendre sans conviction ou sans une réelle envie d’apporter de la valeur aux autres conduit souvent à l’échec. On part déjà avec de nombreux défis, et pour tenir sur la durée, il faut que le projet soit porté par une vision forte et sincère.
Enfin, il faut être conscient que l’entrepreneuriat implique des sacrifices : moins de stabilité, parfois moins de temps pour ses proches, et un rythme de vie plus exigeant. C’est un choix de vie qui se construit sur le long terme. Alors mon conseil, c’est de trouver une raison qui fait sens, une motivation assez solide pour rester debout quand les choses deviennent difficiles.