Carine Persyn
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OSAM FORMATIONS

Management : prévenir l’épuisement et renforcer la posture

Pouvez-vous vous présenter et nous expliquer votre activité aujourd’hui ?

Je suis formatrice et accompagnante de managers, après avoir évolué pendant plus de 25 ans en entreprise, dont plus de 14 ans en management d’équipes pouvant aller jusqu’à 50 personnes, dans des environnements exigeants, au cœur des enjeux managériaux et des relations sociales. Au fil de mon parcours, j’ai observé, et parfois vécu de près, à quel point certains environnements peuvent fragiliser des collaborateurs pourtant très engagés et investis. C’est ce qui m’a amenée à me spécialiser dans l’accompagnement des managers, avec une approche très concrète et ancrée dans le terrain, en formation comme en accompagnement individuel (mentorat, posture, évolution professionnelle…). J’interviens notamment sur les fondamentaux du management, la posture managériale, la gestion du temps, la communication interpersonnelle, mais aussi sur des sujets très actuels comme la compréhension des nouvelles générations ou la prévention des risques psychosociaux. Mon objectif est de donner aux managers des repères clairs, des outils directement applicables, et surtout de les aider à prendre du recul sur leur rôle, pour être efficaces… sans s’épuiser.

 

Quels sont les signaux qui montrent qu’un manager commence à s’épuiser au travail ?

Contrairement à ce que l’on imagine, l’épuisement ne se voit pas toujours immédiatement.
Les premiers signaux sont souvent discrets, et c’est là tout l’enjeu :

  • une perte d’énergie progressive,
  • moins d’élan ou de motivation,
  • une lassitude qui s’installe.

Ce sont des micro-changements. Le manager continue d’assurer, il reste présent et impliqué… mais sans plaisir.
Puis d’autres signaux apparaissent :

  • une tendance à tout absorber (tensions, émotions, problèmes),
  • une difficulté à poser des limites et à s’écouter,
  • une charge mentale qui ne redescend jamais, avec des difficultés à récupérer.

Et souvent, ce sentiment de devoir “tenir”, coûte que coûte.
C’est justement là que le risque augmente : quand tout semble encore fonctionner… mais que l’énergie, elle, ne suit plus.

 

Pourquoi la posture managériale joue-t-elle un rôle clé dans le mieux-être au travail ?

La posture managériale est centrale, car elle conditionne à la fois la relation aux autres… et la relation à soi.

Un manager qui n’ose pas poser un cadre clair, dire non ou recadrer une situation va souvent compenser autrement :

  • en faisant plus,
  • en absorbant davantage,
  • en évitant les tensions.

À moyen terme, cela génère de la fatigue, de la frustration et parfois une perte de légitimité.
À l’inverse, une posture ajustée et assumée permet de créer un environnement plus sain, plus lisible et surtout plus soutenable dans la durée, pour le manager comme pour son équipe. Elle contribue aussi à installer un climat de confiance et un cadre sécurisant.

 

Quelles sont les erreurs les plus fréquentes des managers en situation de tension ?

Parmi les erreurs que j’observe le plus souvent, il y a d’abord celles qui installent progressivement la tension :

  • Vouloir être trop disponible
    Le manager devient le point d’entrée de tout, sans filtre et ne permet plus à son équipe de se responsabiliser.
  • Éviter les sujets inconfortables
    Ne pas recadrer, ne pas dire les choses, par peur de créer du conflit.
  • Confondre bienveillance et absence de cadre
    Alors que poser des attentes claires est justement une forme de respect.

Lorsque la tension est déjà installée, d’autres réactions apparaissent :

  • Se refermer… ou surcompenser
    Certains évitent davantage, d’autres deviennent plus contrôlants ou directifs.
  • Ne plus jouer son rôle de régulation
    Le manager ne fait plus “tampon” et laisse passer la pression vers l’équipe.
  • Réagir à chaud
    Manque de recul, communication moins ajustée, réponses impulsives.
  • Ne plus s’écouter
    Ignorer les signaux pourtant très présents : fatigue, irritabilité, perte d’élan…
    Le corps envoie souvent des alertes bien avant que l’épuisement ne soit visible.

Ces réactions sont humaines, mais si elles s’installent, elles fragilisent à la fois le manager et son équipe.

 

Quels leviers concrets recommandez-vous pour retrouver énergie et cadre dans son management ?

Il n’y a pas de solution miracle, mais plusieurs leviers très concrets :

  • Reposer un cadre clair

Clarifier ce qui est attendu, ce qui ne l’est pas, et ce qui n’est plus acceptable. Cela peut aussi se co-construire avec l’équipe.

  • Apprendre à dire non
    Sans culpabilité, en expliquant et en assumant son rôle.
  • Sortir de la sur-adaptation
    Tout ne dépend pas du manager et tout ne doit pas être porté seul.
  • Accepter d’ajuster sa posture
    On n’a pas besoin d’être un manager “parfait”, mais un manager lucide, juste, exemplaire et aligné.
  • Se (re)connecter à ses propres signaux
    Fatigue, irritabilité, perte d’élan… ce sont des indicateurs utiles, pas des faiblesses. Prévoir des moments pour se ressourcer régulièrement.

Un management efficace est avant tout un management qui tient dans la durée, sans s’abîmer… ni abîmer ses équipes.

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