Vincent Bosq-Bousquet
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OSAM FORMATIONS

Prendre la parole avec impact et conviction

Pour commencer, pouvez-vous vous présenter et nous expliquer votre activité ?

Le meilleur moyen de le faire est de se mettre en situation :
Combien de fois en tant qu’auditeur avons-nous assisté à une prise de parole ennuyeuse ?
Et combien de fois en tant qu’orateur nous sommes-nous sentis pas aussi solide qu’on pouvait le laisser croire ?

Ma mission en tant que conférencier, auteur et sparring partner, c’est d’entraîner des dirigeants et leaders dans leur communication : créer un impact, capter l’attention et permettre des transformations mieux acceptées.

Je souhaite rendre intelligible et passionnant des discours et prises de paroles qui au départ sont fades et beaucoup trop didactiques.

Que se soit en individuel ou en collectif, je n’aide pas les personnes à avoir moins peur dans la prise de parole. Je les aide à devenir plus assurés et solides. Pour y arriver, dans les entraînements je suis sans concession et sans complaisance : je les mets en situations difficiles. Généralement ils suent « sang et eau » et c’est normal. Le but, rendre l’exercice en condition réelle : une formalité, « une promenade de santé”

 

Qu’est-ce qui différencie une prise de parole classique d’une prise de parole à fort enjeu ?

J’adore cette question, car elle touche exactement à ce que je fais. Une prise de parole classique consiste simplement à transmettre un message. On informe, on donne une ou deux informations, c’est factuel.

Une prise de parole à fort enjeu, elle est souvent sous conditions de stress. Contrairement à la première, elle ne se limite pas à informer : elle doit transformer et inviter à changer. Elle est aussi à fort enjeu parce qu’on demande aux gens de changer tout en faisant un effort important. Si je devais résumer : dans une prise de parole classique, on montre une carte. Dans une prise de parole à fort enjeu, on construit un pont, on montre qu’il est stable et on invite les gens à nous suivre.

La clarté fait comprendre, l’adhésion fait agir. Et surtout, cela ne doit jamais ressembler à quelque chose d’ apprit par cœur : cela doit ressembler à une conversation naturelle.

 

Quelles sont les erreurs les plus fréquentes que vous observez chez les dirigeants dans ces situations ?

Je dirais trois grandes erreurs :

  1. Croire que l’effet seul suffit. Beaucoup de dirigeants, experts ou managers pensent que leur légitimité ou leur rationalité suffit pour convaincre. C’est faux.

     

  2. Se cacher derrière les slides. Les slides ne doivent pas être une béquille pour éviter d’oublier le message, mais un support. Trop souvent, on se cache derrière parce qu’on n’a pas l’habitude de prendre la parole ou de construire un storytelling solide.

     

  3. Vouloir être irréprochable. On essaie de tout dire pour ne rien oublier, mais cela transforme le discours en simple transmission d’informations, au lieu de se concentrer sur ce que l’on veut que le public change.

     

Sans entraînement sous stress, ces erreurs s’amplifient, et on perd complètement le mouvement de l’audience : on a tout donné, mais personne n’a été touché.

 

Comment aider quelqu’un à formuler des réponses claires et mémorables malgré le stress ?

Trois éléments clés :

  1. Travailler la conviction : qu’est-ce que je défends vraiment et comment cela touche mon public ? Par exemple, si vous annoncez une réorganisation, il faut anticiper les craintes et attentes des équipes.

     

  2. Préparer ses « 5 cartes » : comme au jeu de belote, il faut définir ses cinq atouts essentiels à sortir pendant le discours. Cela structure le message et facilite les interviews ou prises de parole.

     

  3. S’entraîner sous stress : la plupart des managers ou dirigeants ne s’exercent pas à raconter leur discours. La caméra devient un allié, elle permet de se voir objectivement et d’ajuster.

     

Après c’est comme dans n’importe quel sport : répéter un geste jusqu’à ce qu’il devienne un automatisme. Ainsi, sous pression, on peut « dégainer » les bons atouts instinctivement.

 

Quel conseil essentiel donneriez-vous à quelqu’un avant une prise de parole à fort enjeu ?

C’est la question à un million d’euros.
Mon conseil : oubliez la perfection. Personne n’a jamais suivi un discours parfait, on suit une personne et ce qu’elle incarne. Pour cela, une seule règle, donner envie aux gens de vous suivre. Et l’un des meilleurs moyens, au-delà du fait d’être passionné, c’est de développer des compétences de narration.

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