Image de OSAM FORMATIONS

OSAM FORMATIONS

Christine Fuentes

Décrocher un emploi en Suisse : les clés du recrutement suisse

Pour commencer, pouvez-vous vous présenter et nous expliquer comment vous accompagnez les candidats qui souhaitent décrocher un emploi en Suisse ?

Je m’appelle Christine Fuentes et j’ai un parcours dans les ressources humaines, en France puis en Suisse romande. Cela fait aujourd’hui cinq ans que je suis coach emploi, spécialisée dans l’accompagnement des candidats qui souhaitent travailler en Suisse romande. Au cours de mes différentes expériences RH, notamment dans le recrutement, j’ai rapidement constaté un véritable décalage entre les croyances des candidats sur les bonnes pratiques de recherche d’emploi et les attentes réelles des recruteurs.

Aujourd’hui, ma double expérience RH et coaching me permet justement de faire le lien entre les deux. Mon objectif est d’aider les candidats à mieux comprendre les codes et les attentes du marché suisse, mais aussi à reprendre confiance en eux, obtenir davantage de retours positifs et retrouver un véritable épanouissement professionnel.

Je les accompagne à travers différents formats. Avec ma communauté Suisse Connexion, je propose notamment des lives, des ressources, des conseils et des espaces de discussion autour de la recherche d’emploi en Suisse. C’est également un espace de soutien et d’entraide, avec un réseau local qui permet de mieux comprendre le marché et les différents secteurs d’activité.

J’ai également créé des programmes de formation en ligne, notamment sur la création d’un CV, “CV Boost” impactant pour le marché suisse et “Job Focus”, qui reprend pas à pas les différentes étapes pour mettre toutes les chances de son côté et décrocher un emploi en Suisse.

Quelle est l’erreur la plus fréquente qui empêche un candidat de décrocher un entretien en Suisse ?

Il y en a plusieurs, mais celle que je constate le plus souvent est un manque de connaissance de soi et de son marché. Beaucoup de candidats se lancent tête baissée dans leur recherche d’emploi : ils mettent à jour leur CV, commencent à postuler et multiplient les candidatures, sans avoir pris le temps de définir précisément ce qu’ils recherchent. Or, cette première étape est essentielle, car elle va guider tout le reste de la démarche.

Pour moi, cela revient à identifier son positionnement professionnel : ce que l’on veut, ce que l’on offre et à qui. Pour y parvenir, il faut d’abord clarifier son projet professionnel : quel poste cible-t-on ? Dans quel secteur d’activité ? Et dans quelle zone géographique ?

La deuxième étape, souvent oubliée, consiste à bien comprendre son marché cible. Dans près de 90 % des cas, les candidats ne vont pas suffisamment enquêter sur les enjeux de leur secteur, les besoins des entreprises ou les compétences recherchées. Les retours du terrain sont pourtant essentiels pour comprendre ce qui est réellement attendu et identifier ce que l’on doit mettre en avant dans son profil.

C’est en trouvant cette adéquation entre son profil et les besoins du marché que l’on augmente réellement ses chances de décrocher des entretiens.

 

Quelles sont les principales différences entre un recrutement en Suisse et dans les pays voisins, notamment en France ?

De ce que je constate, le marché suisse reste relativement conservateur et particulièrement exigeant. La concurrence y est également forte, notamment parce que le marché suisse attire de nombreux candidats. Les critères de sélection sont donc souvent très précis : on recherche des profils qualifiés, avec une expertise reconnue, plusieurs années d’expérience et, dans de nombreux cas, une expérience professionnelle locale.

Les processus de recrutement sont également généralement plus longs qu’on peut l’imaginer. Ils peuvent durer plusieurs mois, avec de nombreuses validations en interne. Cette longueur s’explique notamment par une culture de la prudence : les entreprises prennent le temps de sécuriser leur décision et de s’assurer qu’elles font le bon choix.

Le processus peut commencer par un dossier de candidature très complet, comprenant notamment les diplômes et certificats de travail, parfois même une étude de cas. Plusieurs entretiens peuvent ensuite s’enchaîner avec les RH, le manager, les équipes ou encore la direction. Selon les postes, des tests techniques, des études de cas ou même des journées d’essai peuvent également être proposés.

Le réseau joue aussi un rôle important en Suisse. Une recommandation interne peut permettre à un candidat d’accéder plus facilement à un entretien, même si elle ne garantit évidemment pas le recrutement.

Enfin, l’exigence ne porte pas uniquement sur les compétences techniques. Les entreprises accordent beaucoup d’importance à l’adéquation humaine et culturelle : l’humilité, le respect, la discrétion ou encore la capacité à s’intégrer dans la culture de travail suisse sont des éléments qui peuvent faire la différence.


Au-delà du CV, qu’attendent réellement les recruteurs suisses d’un candidat ?

Le CV permet au recruteur d’avoir une première vision des compétences techniques et du parcours professionnel du candidat. C’est en quelque sorte sa carte d’identité professionnelle. Mais il ne doit pas être une simple liste exhaustive d’expériences : il doit être construit de manière stratégique, en sélectionnant les informations qui sont réellement pertinentes pour le poste et le marché ciblés.

Au-delà du CV, les recruteurs accordent une grande importance aux compétences humaines et relationnelles. La manière dont le candidat se comporte, communique et interagit avec les autres peut être tout aussi déterminante que son expertise technique.

Ils cherchent donc à comprendre qui se trouve réellement derrière le CV : sa personnalité, sa façon de travailler, son attitude et sa capacité à s’intégrer dans l’environnement de l’entreprise. C’est notamment lors des entretiens et des différentes étapes du processus de recrutement que ces qualités vont pouvoir s’exprimer.


Si vous ne pouviez donner qu’un seul conseil à une personne qui souhaite trouver un emploi en Suisse, quel serait-il ?

Faites ce que la majorité ne fait pas.

Cela peut sembler simple, mais c’est selon moi l’un des meilleurs moyens de se différencier. Allez à contre-courant : si les autres candidats ne relancent pas, relancez. S’ils ne suivent pas leurs candidatures, faites-le. Ne restez pas dans l’attente : soyez actif, présent et proactif dans votre recherche.

Sur un marché aussi concurrentiel que la Suisse, ce sont parfois ces petites actions qui peuvent faire la différence.

Partager

Articles recommandés