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OSAM FORMATIONS

Donner une voix internationale aux dirigeants

Interview de Dr Esther Gutierrez Eugenio

Vous avez un parcours riche, de la traduction à l’enseignement des langues. Qu’est-ce qui vous a poussé à vous spécialiser dans la formation en anglais pour les dirigeants de PME ?

Mon parcours professionnel est effectivement très diversifié, commençant par une spécialisation dans les langues et la traduction, couronnée par un doctorat en éducation linguistique. J’ai ensuite passé plus d’une décennie dans le monde de l’entreprise, y compris dans les Nations Unies et chez des grosses entreprises internationales, occupant divers postes de management. Cette expérience m’a permis d’acquérir des compétences professionnelles et interculturelles précieuses, et de constater les inégalités présentes dans le monde des affaires international.

J’ai réalisé que les fondateurs d’entreprises et les dirigeants ont une influence considérable sur l’avenir du monde, mais ils n’ont pas tous eu la chance de pouvoir développer leurs compétences en anglais, ce qui limite énormément leur potentiel de croissance à l’international. C’est pourquoi j’ai décidé de me concentrer sur eux. En leur donnant les moyens de faire entendre leur voix à l’échelle internationale, je contribue à exploiter des potentiels du monde entier et à permettre leur croissance, ce qui j’espère aura un vrai impact positif à niveau global.

Comment adaptez-vous votre approche d’enseignement de l’anglais pour répondre aux besoins spécifiques des dirigeants d’entreprise ?

Pour répondre aux besoins spécifiques de ces dirigeants, j’ai consacré environ 10 000 heures à la recherche et à la compréhension de leurs besoins particuliers en matière de communication en anglais. Mon objectif est de cibler précisément ce qui leur permettra de briller en tant que dirigeants dans un contexte anglophone, en mettant l’accent sur les compétences essentielles à leur réussite dans le monde des affaires international.

Dans mon approche, que j’ai développée sur la base de mes recherches, je mets l’accent sur une personnalisation poussée. Je commence par un diagnostic approfondi des besoins spécifiques de chaque dirigeant, en tenant compte de leurs objectifs professionnels et de leur contexte. J’ai aussi développé un outil psychométrique unique qui me permet d’analyser précisément le profil d’apprentissage de chaque étudiant, afin d’adapter le programme à sa façon d’apprendre. Cette approche sur mesure rend l’apprentissage plus efficace, plus rapide et plus agréable.

Je ne me limite pas à une seule méthode d’enseignement, car je crois qu’il n’existe pas d’approche universelle. Au contraire, j’adapte ma méthodologie en fonction des besoins et des préférences d’apprentissage de chaque dirigeant. Cette flexibilité permet à mes étudiants de se sentir à l’aise dans le processus d’apprentissage et d’en faire pleinement partie. 

De plus, je vais au-delà des simples cours de langue en intégrant du coaching avec des professionnels dans d’autres compétences essentielles pour les dirigeants qui souhaitent devenir des leaders dans un contexte anglophone, telles que l’accent, la communication corporelle ou la prise de parole en public. Chaque client travaille en parallèle avec plusieurs experts, que j’appelle leur “Success Team”, et qui collaborent dans chaque programme personnalisé pour assurer des résultats optimaux le plus rapidement possible. 

Quels conseils donneriez-vous à un dirigeant de PME qui souhaite améliorer sa maîtrise de l’anglais tout en jonglant avec ses responsabilités professionnelles ?

Ne tardez pas à commencer. Plus vous retardez l’apprentissage de l’anglais, plus vous le regretterez car cela aura un impact plus significatif sur votre entreprise, et vos responsabilités ne vont faire qu’augmenter au fur et à mesure que votre entreprise grandit. Dans la plupart des cas, pour les dirigeants qui visent une croissance internationale, l’anglais n’est pas une option, c’est une nécessité. Lors des entretiens que j’ai fait avec de nombreux investisseurs, ils révèlent qu’ils considèrent souvent la maîtrise de l’anglais des dirigeants comme un critère essentiel avant même d’examiner un projet.

Je conseille aux dirigeants de considérer l’apprentissage de l’anglais comme un investissement stratégique. Calculez ce que vous perdez chaque année en n’étant pas capable de grandir à l’échelle internationale. Plutôt que d’opter pour des solutions bon marché mais inefficaces, envisagez des programmes professionnels qui garantissent des résultats dans un délai plus court. L’objectif n’est pas de devenir bilingue, mais de pouvoir gérer votre entreprise à l’international sans que l’anglais ne soit un obstacle. Plus vite vous y parviendrez, mieux ce sera pour vous et votre entreprise.

La formation de professeurs de langues fait également partie de votre expertise. Quelles sont, selon vous, les compétences clés pour former des enseignants ?

Je constate malheureusement que le niveau actuel des professeurs de langue est très bas, avec une confusion entre les compétences linguistiques et pédagogiques. Même les formateurs de professeurs ont souvent des idées reçues qui ne sont pas alignées avec les dernières recherches. C’est un domaine qui me tient à cœur et sur lequel je compte revenir à l’avenir.

Un des problèmes majeurs que j’identifie est ce qu’on appelle en anglais “the apprenticeship of observation”. Les professeurs ont tendance à enseigner comme ils ont appris, ce qui peut perpétuer de mauvaises habitudes, et cela vaut de même pour les formateurs des professeurs. De plus, les exigences pour devenir professeur de langue sont souvent floues et mal définies. On accorde trop d’importance au concept de « natif » alors que la recherche montre que ce n’est pas toujours le plus pertinent. En réalité, un bon professeur de langue doit certainement maîtriser la langue, mais il doit surtout avoir une formation approfondie en éducation et une connaissance des dernières recherches en neurosciences et en apprentissage des langues, non seulement en techniques d’enseignement.

Je suis aussi convaincue qu’un excellent professeur de langue doit avoir lui-même appris une langue étrangère à un niveau avancé. Cela lui permet de comprendre le processus d’apprentissage, les frustrations et les défis auxquels font face les étudiants. C’est pourquoi j’insiste pour que mes professeurs aient non seulement une solide formation pédagogique, mais aussi une expérience personnelle d’apprentissage d’une langue étrangère à un niveau avancé. Il existe de nombreuses études, y compris ma recherche doctorale, qui montrent que cette approche permet de créer un lien plus fort avec les étudiants et d’offrir un enseignement plus efficace et empathique, en plus d’une meilleure compréhension des vrais enjeux de devenir et vivre en tant que personne bilingue. 

Comment voyez-vous l’évolution des méthodes d’apprentissage des langues étrangères avec les nouvelles technologies ? Y a-t-il des outils ou des plateformes que vous recommanderiez particulièrement ?

Les nouveaux outils d’apprentissage des langues, en particulier l’IA conversationnelle, ouvrent des portes incroyables. Cependant, je reste prudent quant à leur efficacité réelle pour développer une compétence linguistique approfondie. Ayant travaillé à l’université de Cambridge sur des projets similaires, je sais à quel point ces systèmes sont complexes à développer. Je m’interroge donc sur la capacité des petites plateformes à atteindre ces objectifs, surtout lorsqu’elles sont créées par des personnes ayant peu de connaissances scientifiques en apprentissage des langues.

Néanmoins, je suis impressionné par la diversité des outils qui ont émergé ces dernières années. Par exemple, les applications de vocabulaire comme Quizlet me semblent particulièrement utiles. J’ai également vu comment mes collègues à l’Université de Cambridge ont développé une plateforme appelée Write&Improve, qui utilise une IA unique basée sur des millions d’épreuves d’écriture pour évaluer automatiquement les textes des étudiants tout en permettant aux professeurs d’ajouter leurs commentaires. Je trouve ce type d’outil très prometteur car il combine l’efficacité de l’IA avec l’expertise humaine.

En tant que professionnelle du domaine et apprenante de langues, je teste personnellement ces outils pour pouvoir conseiller au mieux mes clients. Pourtant, je constate que de nombreux professeurs n’exploitent pas encore pleinement le potentiel de ces nouvelles technologies, se limitant souvent à des méthodes plus traditionnelles, utilisant des simples livres d’anglais même lorsqu’ils enseignent en ligne. Je pense qu’il y a là une réelle opportunité de transformer l’apprentissage des langues en une expérience plus immersive et engageante, tant pour les apprenants indépendants que pour les cours en classe. J’ai hâte de voir comment ces développements vont façonner l’avenir de l’enseignement des langues.

Quelles sont les principales difficultés que rencontrent vos apprenants en termes de communication interculturelle, et comment les aidez-vous à les surmonter ?

Dans mon expérience, je constate deux types de problèmes liés à l’internationalisation des entreprises. Le premier concerne les clients qui se concentrent sur les marchés anglo-saxons, où les défis interculturels sont plus traditionnels et mieux compris. Nous disposons de nombreuses recherches et d’outils pour aider les individus à s’adapter à une culture spécifique dans ce contexte.

Le second type, plus complexe et intéressant, concerne l’utilisation de l’anglais comme lingua franca dans des contextes où aucun des interlocuteurs n’est natif. Par exemple, une entreprise du Moyen-Orient cherchant à se développer en Europe. Dans ces situations, il ne s’agit pas simplement d’apprendre les conventions culturelles d’un pays spécifique, mais de développer une véritable compétence interculturelle. Cela implique la capacité à identifier les problèmes interculturels potentiels, à négocier le sens des messages et à communiquer de manière appropriée et polie dans divers contextes culturels.

Ce défi requiert une expérience approfondie en communication interculturelle, que la plupart des professeurs ne possèdent malheureusement pas. Pourtant, tant les études de recherche que mon mon expérience personnelle à l’ONU et chez d’autres entreprises internationales montrent que cette flexibilité communicative est essentielle pour naviguer efficacement dans des environnements professionnels internationaux complexes. Le défi est de trouver les bons outils et les bonnes stratégies pour aider les étudiants à développer ce type de compétences tellement transversales et dépendantes de chaque contexte spécifique. 

Avez-vous des exemples d’accompagnement de clients ayant bénéficié de vos formations linguistiques et de la communication interculturelle pour croître à l’international ?

J’ai lancé mon service qu’en début d’été donc c’est encore tôt pour parler des chiffres, mais j’ai deux exemples concrets dont je peux vous parler. 

Le premier est un entrepreneur du moyen orient cherchant à étendre son activité en Europe. Ce client est extrêmement motivé, conscient de l’importance de l’anglais pour son avenir professionnel. Grâce à notre collaboration intensive, il a récemment signé des contrats avec des entreprises anglaises et européennes, ce qu’il attribue grandement à ses nouvelles compétences communicatives en anglais. 

Le second cas concerne un entrepreneur asiatique, visant à développer son entreprise aux États-Unis en 2025. Ce client, ayant un niveau d’éducation avancé, recherchait une aide de haute qualité pour progresser rapidement. Notre approche ici est différente, impliquant des coachs nord-américains pour perfectionner non seulement son anglais, mais aussi son accent et sa compréhension culturelle, afin qu’il puisse communiquer de manière authentique avec le marché américain.

Ces deux exemples illustrent la diversité des besoins de chaque entrepreneur et l’approche sur mesure requise pour les aider à atteindre leurs objectifs le plus rapidement possible. Pour moi, chaque client est un challenge tant personnel que professionnel, et je suis impatiente de voir leur progrès et comment je peux les aider à surmonter les nouveaux enjeux linguistiques auxquels ils seront certainement confrontés lors des prochaines étapes de l’internationalisation de leurs entreprises. 

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