Image de OSAM FORMATIONS

OSAM FORMATIONS

Réussir son pitch

Interview de Carole Fonty

Qu’est-ce qui vous a motivée à participer à « PRÊT ? PARTEZ, PITCH ! » de GENILEM, et comment avez-vous préparé votre pitch pour cet événement ?


J’ai participé au concours « Prêt, Partez, Pitch ! » de GENILEM pour sortir de ma zone de confort. J’avais une idée et je voulais la tester. Et surtout, je voulais voir si j’étais capable de la pitcher en 2 minutes 30.
Préparer ce premier pitch n’a vraiment pas été évident. J’ai l’habitude de parler devant un public, mais j’étais particulièrement stressée par la durée imposée. Présenter son concept et son unicité en 2 minutes 30 relève clairement du challenge ! Je l’ai testé sur ma famille, mes amis, et même mes enfants, pour savoir ce qu’ils retenaient, aimaient ou ne comprenaient pas.

 

Selon vous, quels sont les éléments essentiels d’un pitch réussi ?


Je dirais qu’il faut qu’il soit authentique. Il faut vraiment choisir des mots qui font sens pour nous et non simplement de « jolies formulations ».
Je conseillerais également de bien penser à l’adapter à son audience, car le niveau de connaissance du sujet et les centres d’intérêt varient selon à qui on s’adresse.

 

Quel rôle jouent les émotions dans un pitch, et comment les utilisez-vous pour capter l’attention de votre audience ?


Je pense que les émotions sont essentielles. Si on récite simplement son pitch sans y mettre une part de soi, je ne pense pas que l’on puisse réussir à créer un lien avec son audience. Et c’est justement cela le but d’un pitch : attiser la curiosité des gens et leur donner envie de venir nous parler après.
Certes, il y a le pitch en lui-même (la forme) et le projet (le fond), mais il y a aussi la personne qui porte le projet. C’est cette dernière qui détermine si on va y croire et si on a envie d’aller plus loin.

 

Pouvez-vous partager un moment où votre pitch n’a pas eu l’effet escompté ? Comment avez-vous surmonté ce défi ?


Oui, en effet. Cela arrive. Pour ce pitch en question, je pense que j’ai voulu trop bien faire et partager un maximum d’informations. Au final, cela a davantage embrouillé les gens qu’autre chose. Mais c’est justement ce type d’ »échec » qui permet d’avancer, d’apprendre et de se remettre en question.
Au final, je me suis concentrée sur ce qui me semblait essentiel à communiquer, et j’ai surtout accepté le fait que l’on ne peut pas plaire à tout le monde à tous les coups. Dans un pitch, il n’y a jamais aucune garantie de succès. Mais c’est justement le fait que cela soit un défi à chaque fois qui me booste.

 

En tant que victorieuse chez GENILEM, qu’est-ce qui, selon vous, a différencié votre pitch des autres participants ?


Très difficile comme question… J’ai trouvé les pitches des autres participants excellents et jusqu’au dernier moment, je ne croyais pas que j’allais gagner. Chacun avait sa personnalité, sa manière de pitcher et surtout de beaux projets.
Mon pitch était différent des autres sur la forme, dans le sens où il était plus axé sur le « storytelling ». Ce n’était pas un choix stratégique, mais le format qui m’est venu spontanément. Je me suis dit que « raconter une histoire » me permettrait peut-être d’embarquer le public et le jury sur un sujet que beaucoup ne connaissaient pas. Mon plus grand challenge était d’expliquer la problématique des moules Quagga. Cela reste un vrai défi, car cela prend beaucoup de temps dans mes pitches. J’envie ceux qui ont un sujet connu de tous. Mais c’est aussi une force : les gens sont surpris et découvrent quelque chose de nouveau, donc ils sont plus attentifs.

 

Comment gérez-vous le trac ou la nervosité avant de pitcher devant un large public ?


Comme la majorité des gens, j’ai toujours le trac avant de monter sur scène.
Avant de pitcher, j’essaye de me reconnecter à la nature en écoutant des bruits de vagues, de rivières… Cela m’apaise et me permet de prendre du recul. Quand je me reconnecte à la nature, je me sens toujours très petite, et cela remet les choses en perspective.
Une fois sur scène, je pense à tout le travail fourni pour avoir cette chance et j’essaye de prendre le plus de plaisir possible. Je me dis que c’est une opportunité de partager mon travail et celui de toutes les équipes de recherche, comme l’EPFL et l’HEIG-VD, qui collaborent également sur ce sujet. Je me sens investie de la mission de présenter le projet au nom de toute l’équipe.

 

Quelles sont les erreurs les plus courantes que vous observez chez les entrepreneurs lorsqu’ils pitchent, et comment peuvent-ils les éviter ?


Certains entrepreneurs ont tendance à avoir un seul pitch, qui, certes, peut être excellent, mais qu’ils récitent encore et encore, à la virgule près, à chaque fois. Je pense qu’un pitch doit vivre. En tant que start-up, nos projets évoluent extrêmement vite. Il n’y a pas de raison que notre pitch reste figé et ne s’adapte pas.
De plus, il faut s’adapter à son audience et y mettre une partie de soi.

Partager