Laure-Alessia Calderon
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Communication et management : clés d’une équipe engagée

Pour commencer, pouvez-vous vous présenter et nous expliquer concrètement comment vous accompagnez aujourd’hui les entreprises et les managers ?

Je m’appelle Laure-Alessia Calderon et j’accompagne, depuis près de dix ans, depuis 2016, des managers et des équipes sur des enjeux de communication, de coopération et de posture managériale.

Mon expérience s’est construite au fil de missions menées auprès de profils, de publics et de secteurs d’activité très variés. J’interviens notamment dans le secteur médico-social, mais aussi dans l’industrie et d’autres environnements professionnels. Cette diversité me permet aujourd’hui d’apporter un regard concret et ancré dans le réel, nourri par ce que j’observe et entends sur le terrain lors de mes accompagnements.

Je me définis avant tout comme facilitatrice. C’est une posture centrale dans mon approche. Bien sûr, je transmets des outils et des concepts, mais mon rôle consiste surtout à créer les conditions propices à la réflexion et à l’intelligence collective. Je suis convaincue qu’il n’existe pas une seule bonne manière de manager. Chaque équipe, chaque manager doit trouver les solutions qui lui correspondent, en fonction de son contexte et de ses enjeux.

Dans cette logique, j’aide à structurer les échanges, à développer l’écoute, à lever les blocages et à favoriser une parole fluide et constructive au sein des équipes. L’objectif est que chacun puisse s’exprimer librement et contribuer à la dynamique collective.

Concrètement, mes accompagnements prennent la forme de formations en efficacité professionnelle, centrées sur les soft skills. J’utilise notamment la méthode du codéveloppement, qui permet de créer des temps d’échange de qualité, de renforcer les liens au sein des équipes et entre managers, tout en travaillant sur des situations réelles. Cette approche très opérationnelle permet de repartir avec des plans d’action concrets et de développer durablement les compétences.


Sur le terrain, quels sont les dysfonctionnements de communication que vous observez le plus souvent en entreprise, et quels en sont les impacts directs sur la performance ?

Sur le terrain, je rencontre très majoritairement des personnes engagées, motivées et avec une réelle envie de bien faire, même lorsque la participation à une formation n’est pas toujours choisie au départ. Pourtant, les dysfonctionnements de communication restent omniprésents. Les plus fréquents sont les non-dits, les sujets évités, y compris par les managers, ainsi qu’une communication très implicite. Chacun interprète alors les messages avec son propre filtre, ce qui crée rapidement des incompréhensions.

On observe également une difficulté à distinguer les faits des ressentis, ce qui entretient la confusion dans les échanges. À cela s’ajoute un manque de feedback, qu’il soit positif ou constructif, souvent par crainte de créer du conflit. Beaucoup préfèrent ne rien dire, pensant préserver la relation, alors que cela produit l’effet inverse.

Ces dysfonctionnements sont à l’origine d’une grande partie des tensions en entreprise. Ils génèrent des malentendus, de la frustration et un désengagement progressif. Même lorsque les collaborateurs sont investis, cela finit par impacter leur implication, la qualité de la coopération et la performance collective. À terme, cela peut également favoriser le turnover et fragiliser durablement les dynamiques d’équipe.


Quelles actions simples et immédiatement activables recommandez-vous à un manager pour renforcer la cohésion de son équipe ?

Une première action, essentielle, consiste à consacrer un temps individuel à chacun de ses collaborateurs. C’est le socle de la cohésion : créer une relation de confiance durable. Ce temps doit être régulier, ritualisé et dédié à l’échange, sans objectif opérationnel immédiat. Il ne s’agit pas de faire un suivi de projets, mais d’offrir un espace d’écoute où le collaborateur peut s’exprimer librement.

Lorsque la taille de l’équipe ne le permet pas, ces temps peuvent être adaptés en formats collectifs courts mais qualitatifs. L’enjeu reste le même : instaurer une écoute active et montrer une réelle disponibilité.

Deuxième levier clé : la capacité à donner des feedbacks réguliers et constructifs, aussi bien positifs que sur les axes d’amélioration. Valoriser un comportement pertinent permet de le renforcer, tandis qu’un feedback clair évite les non-dits et les interprétations.

Enfin, il est essentiel de ne pas limiter les échanges à des temps purement opérationnels, souvent centrés sur les problèmes. Reconnaître les contributions au quotidien, encourager les progrès et installer une culture de la coopération plutôt que de la compétition renforcent fortement le sentiment d’appartenance. Ce sont ces pratiques simples, mais constantes, qui construisent une cohésion solide et durable.



Selon vous, quels sont les leviers les plus efficaces pour renforcer durablement l’engagement des collaborateurs, au-delà des discours et des intentions ?

L’engagement des collaborateurs se construit avant tout dans le quotidien. Il ne s’agit pas d’actions ponctuelles, mais d’une dynamique continue qui commence dès l’onboarding et se nourrit dans la durée. Lorsque le management de proximité est bien incarné, les tensions sont nettement réduites, car les sujets sont traités au fil de l’eau et les incompréhensions limités.

Un levier fondamental consiste à aller au-delà des comportements observés pour comprendre les besoins sous-jacents des collaborateurs. Plutôt que de juger une attitude, il est essentiel de s’interroger sur ce qui la motive réellement. Cette posture permet de dépasser les interprétations hâtives et d’ouvrir un espace de compréhension plus profond.

La cohérence entre ce qui est dit et ce qui est réellement vécu dans l’organisation est également déterminante. Lorsque les valeurs affichées ne correspondent pas aux pratiques quotidiennes, cela génère des frustrations et des tensions implicites. À l’inverse, cette cohérence renforce la confiance et l’adhésion.

Enfin, il est essentiel d’instaurer des échanges réguliers qui dépassent les seuls sujets opérationnels. Donner la parole aux collaborateurs sur leur vécu, les impliquer dans la recherche de solutions et favoriser une logique de co-responsabilité permet de renforcer durablement leur engagement. C’est cette continuité dans la relation, plus que les dispositifs isolés, qui fait la différence.



Si vous deviez donner un seul conseil à un dirigeant pour améliorer à la fois la communication, la cohésion et l’engagement au sein de son organisation, quel serait-il ?

Le conseil principal serait de remettre au centre du management des temps réguliers de rencontre avec les équipes. Au-delà des outils ou des dispositifs complexes, c’est avant tout la qualité du lien humain qui fait la différence. Trop souvent, les collaborateurs expriment le fait de ne pas voir leur manager, ce qui fragilise le sentiment de reconnaissance et d’appartenance.

Créer un temps d’échange individuel, simple et ritualisé, par exemple 30 minutes régulières, permet d’instaurer une relation de confiance durable. L’enjeu n’est pas uniquement opérationnel : il s’agit d’un espace d’écoute réelle, où le collaborateur peut exprimer son vécu, ses besoins et ses difficultés.

Cette discipline doit être intégrée dans le fonctionnement de l’équipe et considérée comme non négociable, quitte à être reportée mais toujours reprogrammée. C’est cette constance qui construit la confiance.

Au-delà de ces temps, la clé réside aussi dans la cohérence entre ce qui est affiché, ce qui est dit et ce qui est réellement vécu dans l’organisation. Lorsque cette cohérence est présente, elle favorise un climat de confiance et réduit fortement les tensions. C’est finalement dans la simplicité, la régularité et l’authenticité du lien que se joue l’essentiel de l’engagement.

 

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